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Uvéite postérieure : symptômes, causes et traitements

6 min de lecture
Paul Perrot, Gwendoline Billy
Publié le 25/09/2026

L’uvéite postérieure est une inflammation qui touche principalement la rétine, la choroïde ou les deux, au fond de l’œil. Elle peut provoquer une baisse de vision, des corps flottants ou des flashs lumineux, parfois sans douleur ni rougeur évidente.

Parce qu’elle concerne des structures essentielles à la vision, une uvéite postérieure nécessite une évaluation médicale rapide par un ophtalmologiste. Son traitement dépend avant tout de sa cause : infection, maladie inflammatoire ou auto-immune, plus rarement médicament, ou cause qui reste indéterminée malgré les examens.

En résumé

L’uvéite postérieure est une inflammation qui touche principalement la rétine et/ou la choroïde, au fond de l’œil. Elle peut provoquer une baisse de vision, des corps flottants ou des flashs lumineux, parfois sans douleur ni rougeur évidente. Ses causes peuvent être infectieuses, inflammatoires ou auto-immunes, plus rarement médicamenteuses ; dans certains cas, aucune cause précise n’est identifiée. Le traitement dépend de l’origine et de la sévérité de l’inflammation. Une baisse récente de la vision ou des symptômes évocateurs nécessitent un avis ophtalmologique rapide, car certaines formes peuvent menacer la vision.

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Qu’est-ce qu’une uvéite postérieure ?

L’uvéite est une inflammation touchant l’uvée ou des structures voisines de l’œil. Selon la partie principalement atteinte, les médecins distinguent plusieurs formes.

Dans l’uvéite postérieure, l’inflammation concerne le fond de l’œil, en particulier :

  • la rétine, tissu sensible à la lumière qui participe à la formation de l’image transmise au cerveau ;
  • la choroïde, couche riche en vaisseaux sanguins située entre la rétine et la sclère, qui contribue notamment à nourrir les couches externes de la rétine.

Selon les structures concernées, le médecin peut parler de rétinite, de choroïdite, de choriorétinite ou encore de rétinochoroïdite.

Quelle différence avec les autres formes d’uvéite ?

La classification repose principalement sur la localisation de l’inflammation :

  • l’uvéite antérieure touche surtout l’iris et la partie antérieure de l’œil ;
  • l’uvéite intermédiaire concerne principalement le vitré et la région périphérique située derrière le corps ciliaire ;
  • l’uvéite postérieure touche principalement la rétine et/ou la choroïde ;
  • la panuvéite implique les segments antérieur, intermédiaire et postérieur de l’œil.

Cette distinction est importante, car les symptômes, les causes et les traitements ne sont pas nécessairement les mêmes d’une forme à l’autre.

Quels sont les symptômes de l’uvéite postérieure ?

Les manifestations d’une uvéite postérieure sont principalement visuelles. Les plus fréquentes sont :

  • une baisse de l’acuité visuelle ou une vision devenue floue ;
  • l’apparition ou l’augmentation de corps flottants, parfois décrits comme des points, des filaments ou des « mouches » se déplaçant dans le champ de vision ;
  • des flashs ou éclairs lumineux, appelés photopsies ;
  • des zones moins bien perçues dans le champ visuel ;
  • parfois une déformation de la vision, notamment lorsque la région centrale de la rétine est affectée.

À la différence de l’uvéite antérieure aiguë, l’uvéite postérieure est souvent peu douloureuse et peut survenir sans rougeur oculaire marquée. L’absence de douleur ou d’œil rouge ne signifie donc pas que le problème est bénin.

Certaines formes peuvent aussi s’accompagner d’une inflammation des vaisseaux de la rétine, appelée vascularite rétinienne, ou concerner le nerf optique. Ces atteintes sont identifiées lors de l’examen ophtalmologique et des examens d’imagerie.

Uvéite postérieure : est-ce grave et quand consulter ?

Une uvéite postérieure peut menacer la vision lorsqu’elle touche des structures essentielles comme la macula, la rétine ou le nerf optique, ou lorsqu’elle entraîne des complications. Une prise en charge précoce vise à contrôler l’inflammation, traiter sa cause lorsqu’elle est identifiée et limiter le risque de séquelles visuelles.

L’Assurance Maladie recommande un avis médical urgent en cas d’uvéite postérieure.

Il faut notamment demander rapidement un avis ophtalmologique devant :

  • une baisse récente ou brutale de la vision ;
  • l’apparition soudaine de nombreux corps flottants ;
  • des flashs lumineux inhabituels ;
  • une zone sombre, un voile ou une partie manquante dans le champ visuel ;
  • toute modification inhabituelle et persistante de la vision.

Ces signes ne sont pas spécifiques de l’uvéite et peuvent également correspondre à d’autres maladies oculaires nécessitant une prise en charge rapide, notamment certaines atteintes de la rétine.

Le saviez-vous ?

L'opticien ne peut pas établir le diagnostic d’une uvéite. Devant une baisse visuelle récente ou des symptômes évoquant une atteinte du fond de l’œil, la priorité est l’évaluation par un médecin, généralement un ophtalmologiste.

Quelles sont les causes d’une uvéite postérieure ?

Une uvéite postérieure peut avoir plusieurs origines. Le bilan médical cherche notamment à différencier une cause infectieuse d’une cause inflammatoire non infectieuse, car cette distinction influence directement le traitement.

Les causes infectieuses

Plusieurs infections peuvent provoquer une inflammation de la rétine ou de la choroïde.

Parmi les causes reconnues figurent notamment :

  • la toxoplasmose, responsable de rétinochoroïdites et susceptible de récidiver ;
  • la syphilis ;
  • la tuberculose ;
  • certaines infections dues aux virus herpétiques, notamment HSV ou VZV ;
  • le cytomégalovirus (CMV), principalement chez les personnes immunodéprimées.

L’identification d’une infection est particulièrement importante : le traitement doit alors cibler le micro-organisme responsable et l’utilisation éventuelle de corticoïdes doit être décidée dans ce contexte par l’équipe médicale.

Les causes inflammatoires et auto-immunes

Certaines uvéites postérieures surviennent dans le cadre d’une maladie inflammatoire générale ou d’un dérèglement du système immunitaire.

Elles peuvent notamment être associées à :

  • la sarcoïdose ;
  • la maladie de Behçet ;
  • certaines maladies inflammatoires chroniques, comme la maladie de Crohn ;
  • d’autres maladies inflammatoires ou ophtalmologiques plus rares.

La découverte d’une uvéite peut parfois conduire à rechercher une maladie générale qui n’avait pas encore été diagnostiquée.

Les causes médicamenteuses

Plus rarement, une uvéite peut être associée à la prise d’un médicament.

Il ne s’agit pas d’un effet commun à une classe entière de médicaments : certaines molécules spécifiques ont été impliquées. C’est notamment le cas de certains anti-infectieux, ou de certains traitements anticancéreux, notamment des immunothérapies.

Une origine médicamenteuse ne peut être retenue qu’après évaluation médicale. Il ne faut jamais interrompre un traitement prescrit de sa propre initiative en raison de symptômes oculaires.

Les uvéites sans cause identifiée

Malgré les examens réalisés, il arrive qu’aucune cause précise ne soit retrouvée. L’uvéite est alors dite idiopathique.

La fréquence de ces formes varie fortement selon les populations, le type d’uvéite et les méthodes diagnostiques utilisées. Il est donc préférable de ne pas considérer qu’une uvéite postérieure est par défaut d’origine inconnue.

Comment diagnostique-t-on une uvéite postérieure ?

Le diagnostic repose sur un examen ophtalmologique complet. Le médecin commence généralement par préciser les symptômes, leur date d’apparition, les antécédents médicaux, les traitements en cours et l’existence éventuelle d’autres manifestations dans l’organisme.

Il mesure ensuite l’acuité visuelle et examine les différentes structures de l’œil.

Pour observer le segment postérieur, une dilatation de la pupille permet d’examiner la rétine, la choroïde, le vitré et le nerf optique. Le fond d’œil peut être exploré à l’aide de différentes techniques, notamment avec une lampe à fente associée à une lentille adaptée ou par ophtalmoscopie.

Le bilan n’est pas identique pour tous les patients. Il est choisi en fonction de l’âge, des symptômes, de l’aspect des lésions, des antécédents et des causes considérées comme plausibles.

Comment traite-t-on une uvéite postérieure ?

Il n’existe pas un traitement unique de l’uvéite postérieure. La prise en charge dépend de sa cause, de l’importance de l’inflammation, de la zone du fond de l’œil atteinte et du risque pour la vision.

En cas d’uvéite infectieuse

Lorsqu’une infection est responsable de l’uvéite, le traitement vise d’abord le micro-organisme en cause.

Selon l’origine, le médecin peut prescrire un traitement :

  • antiparasitaire ;
  • antibiotique ;
  • antiviral ;
  • ou un autre traitement anti-infectieux spécifique.

Dans certaines infections, des corticoïdes peuvent également être utilisés pour maîtriser l'inflammation, mais leur indication, leur moment d’introduction et leur mode d’administration doivent être décidés par l’ophtalmologiste. Ils ne remplacent pas le traitement anti-infectieux lorsqu’il est nécessaire.

En cas d’uvéite non infectieuse

Lorsque l’inflammation n’est pas due à une infection, les corticoïdes occupent une place importante dans le traitement.

Dans une uvéite postérieure, ils peuvent notamment être administrés :

  • autour de l’œil ;
  • directement à l’intérieur de l’œil dans certaines situations ;
  • ou par voie générale.

La stratégie dépend de la localisation et de la sévérité de l’atteinte. Les simples collyres corticoïdes, très utilisés dans l’uvéite antérieure, ne résument donc pas le traitement d’une atteinte située au fond de l’œil.

Peut-on guérir d’une uvéite postérieure ?

L’évolution est très variable.

Certaines uvéites guérissent après un épisode unique, tandis que d’autres peuvent récidiver ou devenir chroniques. Le suivi proposé par l’ophtalmologiste doit donc être respecté même lorsque la vision semble s’améliorer.

FAQ – Vos questions fréquentes sur l’uvéite postérieure

Une uvéite postérieure peut-elle rendre aveugle ?

Les formes sévères ou compliquées peuvent entraîner une perte visuelle importante. Cela ne signifie pas que toute uvéite postérieure conduit à la cécité. Le pronostic est très variable et dépend notamment de la cause, de l’atteinte de la macula ou du nerf optique, des complications et de la réponse au traitement.

Combien de temps dure une uvéite postérieure ?

Il n’existe pas de durée unique. Certaines uvéites correspondent à un épisode limité dans le temps ; d’autres évoluent sur plusieurs mois, deviennent chroniques ou récidivent. La durée dépend surtout de la cause et de la réponse au traitement.

Une uvéite postérieure peut-elle récidiver ?

Oui. Certaines uvéites peuvent connaître plusieurs poussées au cours de la vie. C’est notamment possible dans certaines maladies inflammatoires et dans la rétinochoroïdite toxoplasmique. Le suivi ophtalmologique permet de repérer rapidement une éventuelle récidive.

L’uvéite postérieure est-elle contagieuse ?

L’uvéite elle-même n’est pas contagieuse. Certaines uvéites ont cependant une origine infectieuse. Les modalités de transmission éventuelles dépendent alors de l’infection responsable et non de l’uvéite en tant que telle.

Quel professionnel consulter en cas de suspicion d’uvéite ?

Le diagnostic et le traitement d’une uvéite relèvent de l’ophtalmologiste. En présence d’une baisse récente de vision ou de symptômes pouvant traduire une atteinte du fond de l’œil, il ne faut pas attendre un simple contrôle de la correction optique.

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